Vie des clubs : PATRONAGE SAINTE ANNE DANS LA TOURMENTE

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Dans la vie, la bible dit qu’il y a un temps pour tout et donc il y a des hauts et des bas. Le tout est de savoir s’en tirer. Mais l’équipe de football de Patronage Sainte Anne, désormais menacée par la relégation, saura-t-elle relever la tête ?

Tout récemment V. Club Mokanda de Pointe-Noire a emprunté le chemin de l’enfer avant de revenir juste un an après plus fort que jamais. Mais c’est une chose qui n’arrive pas tous les jours. Pour preuve, il a existé par le passé de belles équipes au sein de notre élite. On peut citer pêle-mêle Lorraine, Standard, CS Negro Stade congolais, Nancy-Kahunga, As Bantous, Avenir du rail, Kotoko de Mfoa, Racing Mobébissi, Kimpwanza, Unisport, Ucosport, tout Puissant Mystère, FC Libota, As Police, Kronenbourg, A Suco, Elecsport de Bouansa, Mbako, Club 57, Jambon Petrosport, Club Athletique Tourbillon Moupépé, Télésport, As Brazza, Munisport, EPB, FC Abeilles, etc. tous ces noms-là, hélas, ont totalement disparu.

Et pourtant, parmi ces équipes il y en a qui ont joué les premiers rôles au sein de l’élite nationale comme le Fc Abeilles, EPB, Munisport, As Suco Petrosport Electrosport de Bouansa, Télésport et Kotoko de Mfoa. Mais toutes ces équipes ont «rendu l’âme» faute de moyens et parfois pour cause d’insuffisance de performances. Il y a que, de nos jours, leur histoire paraît comme effacée de la mémoire collective. Et pourtant, elles ont produit bon nombre de joueurs qui ont fait la fierté de notre pays comme François Mpélé (Standard), Maurice Ondjolet (FC abeilles), Mananga «l’enfant de l’homme» (As Bantous), Mbemba Thorex (As Bantous), Alphonse Niangou (Standard), Désiré Mayala « Larby » (Lorraine), Célestin Mouyabi «Chaleur» (Kotoko de Mfoa), Samba «Kocsis» (Lorraine) etc.

Le phénomène n’est certes par propre au Congo mais avec les exigences du football actuel qui devient exagérément budgétivore, plusieurs autres équipes vont sûrement prendre la voie de l’enfer. C’est le danger qui guette présentement l’équipe de Patronage Sainte Anne, treizième du championnat national ligue 1 qui vient de s’achever et condamné à disputer les barrages. L’adversaire, à ce jour, n’est pas encore connu car la compétition en ligue 2 est loin d’être terminée.

On peut trembler pour Patronage Sainte Anne Cela ferait désordre, surtout à Poto-Poto, si Patronage Sainte Anne venait à rétrograder en division inférieure. Car c’est une équipe qui a la chance de disposer d’un personnage aussi illustre que Maurice Nguesso en qualité de président du conseil d’administration. Autour de lui se trouvent des hommes qui sont loin d’être des figurants dans l’administration ou dans la sphère politique.

Le problème se pose plutôt en termes d’investissement individuel dans la chose. L’équipe si chère au père Morizur à l’époque semble aujourd’hui comme lâchée, abandonnée ou négligée tout simplement. Pour preuve, elle a pris un forfait pour n’avoir pas effectué le déplacement d’Owando pour y affronter l’As Otohô. C’est la preuve palpable du climat qui prévaut dans cette équipe où notre collègue, Karim Feder, a été mis à la touche. Cette équipe, vieille de plus d’un demi-siècle, est donc réellement menacée.

Et pourtant, elle a une histoire qui mérite qu’on la respecte. Championne du Congo en 1969 et en 1986, vainqueur de la coupe du Congo en 1988, elle a produit des footballeurs de très grande qualité comme Mbiya «Mackoul», Christophe Ombélé, Maurice Filankembo «Lipopo», Mieré Richard, Mieré Chine, Mouniongo «Tapys», Léopold Foundoux « Mulélé », Balekita Bertrand «Eusebio», Joseph Matongo «Soucous», Gambou Ondono, Daniel Ebomoua, etc. Par trois fois, Patronage Sainte Anne a effectué des incursions en Afrique. D’abord en 1969 quand le terrible Ashanti Kotoko de Kumasi (Ghana) s’est dressé sur son passage. Le « porc-épic » ghanéen s’est montré intraitable (5-1) à Kumasi avant de venir arracher le match-nul (1-1) à Brazzaville.

La deuxième expérience se situe dix neuf ans après quand Patronage Sainte Anne, en coupe d’Afrique des clubs vainqueurs de coupe, a d’abord éliminé Union Vesper de Guinée equatoriale (1-0 et 2-0) puis Sagrada esperança de Dundo (Angola) avant de se faire débarquer, en quarts de finale, par El Merriech du Soudan (0-2 et 1-1). On retiendra au passage qu’en 1986 Patronage Sainte Anne, en tant que champion du Congo, n’a pu représenter le pays en coupe d’Afrique des clubs champions. Car le Congo traversait quelques difficultés financières. C’est en 1996 que l’on a vu Patronage Sainte-Anne pour la dernière fois sur la scène africaine.

Le représentant congolais a débuté contre Kiovu sport du Rwanda qu’il a éliminé assez aisément (2-4 et 4-0). Mais, au second tour, les marocains de KACM ont carrément été inaccessibles (0-0 et 0-2). Depuis, les « bleu-blanc » se contentent plutôt de seconds rôles ici à la maison. Ils sont habitués à des places dans le ventre mou du classement du championnat national. Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont menacés par la relégation comme c’est le cas présentement.

On peut donc trembler pour Patronage Sainte Anne qui va devoir passer très prochainement par les barrages pour rester en ligue 1.

Georges Engouma

Le Patriote N° 531 du 3 juin 2019

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