TRIBUNE LIBRE : L’ETRANGE SILENCE DES DECIDEURS DU FOOTBALL CONGOLAIS

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Le Congo regardera la CAN 2019 qui débute dans quelques semaines en Egypte à la télévision. Plusieurs semaines après l’élimination des Diables-Rouges, tous ceux qui grouillent autour d’eux restent de marbre. On ne voit aucun responsable s’expliquer sur ce qu’il est arrivé à l’équipe nationale de football et sur son avenir. Depuis le retour de Harare aucune information n’a été communiquée concernant la situation des Diables-Rouges, alors que leur élimination est un vrai camouflet pour le football congolais. Un vrai coup dur pour tout le peuple qui n’arrive pas à décolérer, d’autant que des pays sans palmarès figurent  parmi les 24 formations attendues en Egypte.

On est  désagréablement surpris par le silence assourdissant qu’observent les responsables de notre sport, en général, de notre football, en particulier. Il y avait une place à prendre pour la CAN dans notre groupe très équilibré par ailleurs.

C’est la deuxième élimination d’affilée après la CAN 2015. Si on ajoute les éliminations des cadets et des juniors il y a quelques mois, puis celles des clubs cette année, cela fait beaucoup. C’est de l’insouciance, ce mutisme des dirigeants du football, alors qu’ils devaient monter au créneau pour expliquer et ainsi peut-être apaiser le public. Il s’agit, pourtant, de l’équipe nationale, laquelle provoque encore un engouement sans précédent, alors que le championnat local et même les matchs des Coupes d’Afrique des clubs se disputent devant des banquettes presque vides. Sous d’autres cieux, on est prompt à réagir pour calmer la colère du public.

A titre d’exemple, au Burkina Faso, au lendemain de l’élimination des ‘’Etalons’’, c’est un message express de la cellule de communication de la Fédération qui conviait les journalistes à une conférence de presse. «Dans l’optique d’apaiser la colère du peuple meurtri par la  déconvenue de l’équipe nationale après sept participations d’affilée à la CAN’’.

Au Congo, la gestion de l’après éliminatoires de la CAN 2019 s’annonce on ne peut plus difficile pour les protagonistes. Il y a cette tendance à laisser libre cours à la rumeur. Candido Valdo aurait demandé pardon, et que malgré tout on hésiterait entre lui renouveler confiance et engager un nouvel entraîneur. Prince Oniangué et Delvin Ndinga auraient annoncé qu’ils prenaient leur retraite. Des promeneurs et faiseurs de miracle en surnombre auraient pris place dans l’avion ayant transporté les Diables-Rouges à Harare. La classe des joueurs actuels serait vidée, car c’est la fin d’un cycle, etc.

Des gens s’expriment à travers les réseaux sociaux ou la presse, tantôt pour apporter leur soutien à untel, tantôt pour le descendre en flamme. Des responsables sérieux ne subissent pas les événements. Un simple communiqué laconique ou une conférence de presse aurait pu contribuer à mettre la lumière sur ces informations et rumeurs. On n’exige pas que des têtes tombent nécessairement, mais il s’agit de dire ce qui n’a pas marché, de tirer les conséquences de cet échec et de repartir du bon pied. Il y a une politique à revoir et très vite.

Robert BOUZITOU (Pointe-Noire)

Source: La Semaine Africaine

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