Page d’histoire : Le Congo champion d’Afrique des nations, il y a quarante ans déjà !

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Quarante ans déjà! Décidément, le temps est vite passé. Nombreux sont encore les sportifs qui se souviennent de l’épopée glorieuse des Diables-Rouges, l’équipe nationale congolaise  de football, champions d’Afrique des nations de football, en 1972, à Yaoundé, au Cameroun. Le récit de ce couronnement nous est conté dans l’article ci-après.
Le Congo peut être considéré comme l’un des vainqueurs le moins attendu de l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations de football. Quatre ans après sa débâcle d’Asmara, capitale de l’actuelle République de l’Erythrée.
L’événement a pour cadre le Stade Ahmadou Ahidjo flambant neuf, à Yaoundé. Cet après-midi du 5 mars 1972,  Yaoundé devient le nombril du football africain. Le monde entier l’a en point de mire. Il s’y déroule une grosse énigme: la finale de la 8ème Coupe d’Afrique des nations. Congo-Sport (l’appellation de l’équipe nationale du Congo, à cette époque là) est aux prises avec les Aigles du Mali. Comme en juillet 1965, au tournoi des 1ers Jeux africains, à Brazzaville, le Congo l’emporte sur son adversaire malien: 3-2.
Au but malien de Moussa Diakhité (42e), Congo-Sport répond par ceux de Jean-Michel Mbono ‘’Sorcier’’ (57e et 59e) et celui du «Corse» François M’Pelé (63e).  Une sensation qui met les fourmis dans les gradins, où exulte une centaine de supporters congolais venue là on ne sait par quel miracle. Revenus de leur surprise, les Aigles du Mali réduisent l’écart par un autre Moussa –Traoré- (75e). La situation en restera là.
Pourtant, Congo-Sport est arrivé au Cameroun précédé par le spectre de sa déroute d’Asmara. Le groupe B –basé à Douala- où l’a affecté le tirage au sort est si relevé qu’il y débarque presque dans l’hilarité générale. Il concède, d’entrée de jeu, le match nul (1-1, but congolais inscrit par ‘’Sayal ‘’ Paul Moukila) au Maroc d’Ahmed Faras. Pour se noyer, corps et biens, devant le Zaïre (0-2). Il termine, toutefois, sur une large victoire (4-2) face au champion en titre, le Soudan. Des buts portant les empreintes de  Mbono ‘’Sorcier’’ (14e et 29e), Bahamboula-Mbemba ‘’Tostao’’ (47e) et François M’Pelé (75e). C’est, semble-t-il, nettement insuffisant –à égalité de points et de buts avec le Maroc- pour prétendre disputer la demi-finale. C’est chose faite à l’issue d’un tirage au sort qui abandonne le Maroc au bord du chemin de Yaoundé et de la demi-finale.
Congo-Sport monte, alors,  à Yaoundé, chargé de préjugés défavorables. Pour en découdre avec les Lions indomptables du Cameroun. L’on ne se fait guère de soucis, du côté camerounais, où l’on voit ni énigme ni suspense, à la rigueur une épreuve pour Congo-Sport.  Et pour cause. Quelques mois plus tôt, les Lions indomptables l’ont fait voler en éclats, at home: 0-7!
Cette demi-finale est là. Sera-t-elle une simple formalité pour les Lions indomptables, bouffis d’orgueil? Le public camerounais y croit, unanimement, dur comme fer. Des monômes se forment, partout, pour commenter une qualification en gestation dans la tête de tout patriote camerounais.
Hélas! Ce public n’entretiendra pas longtemps cet optimisme débordant, voire excessif. Il ne survit pas à la 30ème minute, quand, du pied gauche, Noël Minga ‘’Pépé’’, alerté par François M’Pelé, offre, contre toute attente, son but, sa victoire et sa qualification à Congo-Sport, dans un stade incrédule, effondré. Le public, inconsolable, verse de grosses larmes de déception…
Au sortir de cette demi-finale, qui a tué la «Coupe», Congo-Sport doit pourtant patienter, pour connaître l’autre finaliste, son adversaire du 5 mars. D’autant plus qu’à Douala, les Aigles du Mali et les Léopards du Zaïre sont obligés de jouer les prolongations (1-1) pour pouvoir se départager. Ce sont, finalement, les Aigles du Mali qui se qualifient (4-3, un match à multiples rebondissements), pour la première fois, tout comme le Congo, d’ailleurs.
Pour l’ensemble du tournoi, Congo-Sport, entraîné par Michel Oba (Directeur technique),  Adolphe Bibanzoulou ‘’Amoyen’’ et Mayala ‘’Larbi’’ avait l’effectif suivant sous la main: Maxime Matsima ‘’Yachine’’ (Diables-Noirs), Gabriel Ndengaki ‘’Impfondo’’(Etoile du Congo), Alphonse Niangou ‘’Yaoundé’’ (Diables-Noirs), Jacques Yvon Ndolou (Inter Club), Joseph Ngassaki ‘’Lénine-Zeus’’ (CARA),  Noël Minga ‘’Pépé’’ (Inter Club), Jonas Bahambula-Mbemba ‘’Tostao’’ (Diables-Noirs), François M’Pelé (Ajaccio/France), Jean Bertrand Balekita ‘Claise’’ (S.C Toulon/France), Joseph Matongo ‘’Secousse’’ (Diables-Noirs), Jean-Michel Mbono ‘’Sorcier’’ (Etoile du Congo), Paul Moukila (Inter Club), Augustin Ndouli ‘’Rhyno’’ (Patronage Sainte-Anne), Emmanuel Mayanda ‘’Combattant’’ (CARA), Gilbert Poati ‘’Hidalgo’’ (V.Club Mokanda), Paul Ntandou ‘’Vieux Paul’’ (Diables-Noirs), Emmanuel Mboungou (CARA),  Samuel Serge  Boukaka (Etoile du Congo),  Paul Mbemba ‘’Thorex’’ (Inter Club), Michel Ongagna ‘’Excellent’’ (Etoile du Congo), Gabriel Samba ‘’Njoléa’’ (Diables-Noirs), Félix Mfoutou  (Avenir du Rail).

(D’après un article de Fulbert Kimina-Makumbu ‘’Pilote’’/La Semaine Africaine n°2197, du jeudi 11 mars 1999)

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