Nécrologie : Hommage à Germain Bisset

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L’ancien journaliste sportif de «La voix de la révolution con golaise» (aujourd’hui: Radio-Congo), Germain Bisset, s’est éteint, mardi  18 janvier 2011, à Beauvais (France). Il est né vers 1938, à Kingoué, dans la préfecture de la Bouenza. Marié, il  laisse une nombreuse progéniture.

Germain Bisset est entré en journalisme par le biais des  1ers  Jeux Africains de juillet 1965, organisés à Brazzaville. Il forme un trio de stagiaires, à l’orée de ces Jeux, avec Paul Okouo et Ghislain Joseph Gabio, le futur «Monsieur Tao-Tao».  A cette époque  des vaches maigres où  les reporters sportifs  étaient  une denrée rare. Trois jeunes gens,  nagras  en bandoulière,  font  leur apprentissage, chaque week-end, notamment au Centre sportif de Bacongo (aujourd’hui : Centre sportif universitaire de Makélékélé). Ils sont  une curiosité pour  certains.  Au sortir des 1ers Jeux Africains, il ne restera plus que  Ghislain Joseph Gabio et Germain Bisset, Paul Okouo ayant rejoint son  corps d’origine, certainement  les Ptt…

Germain  Bisset, tout comme son collègue Gabio, s’affirme au fil des mois et des années. Les auditeurs de «La voix de la révolution congolaise» se délectent de ses reportages en direct, favorisés par l’épopée de stars, rois après le roi Pelé, pendant que  des bataillons de supporters se bousculaient au portillon du stade, pour ne pas manquer  à leurs ballets. Le football était  spectacle et joie. Il y avait des joueurs fabuleux,  irrésistibles, adulés, dont on épiait et savourait le moindre geste technique.  Feu-follet des Diables-Noirs, Germain Dzabana «Jadot», par exemple, avait épuisé  les superlatifs. Le dernier  est venu, justement, de Germain Bisset. On est au soir du match retour de la Coupe d’Afrique des  clubs champions  1966  où, contre toute attente, les Diables-Noirs, battus au Stade de la Révolution (2-1), à Brazzaville, brisent les reins au F.C. Dragon de Kinshasa, au Stade du 20-Mai: 2-0. Si Bikoudi «Bistouri» a été l’artisan des buts diablotins, Dzabana  «Jadot» aura été l’homme-orchestre des Diables-Noirs, au cours de cette rencontre qui a battu le record d’affluence.  Germain Bisset lui fait, spontanément,  prendre du galon, celui de  «maréchal». Un nom de guerre de plus qui  le rendra  célèbre et  l’accompagnera  jusque que dans sa tombe. «Maréchal Jadot» est né par  une spontanéité de Germain Bisset.

Le  triomphe de Congo-Sport à la 8ème Coupe d’Afrique des nations de football, en 1972, à Yaoundé, a contribué, aussi, à immortaliser les voix de nos  plus grands héros du micro: Germain Bissé et Ghislain Joseph Gabio. Elles expriment,  tour à tour, une inquiétude normale et un éclatement de poumons qui salue l’inattendue victoire congolaise. Elles sont inarrêtables, lorsqu’elles  célèbrent cette victoire.

Diantre! Pourquoi s’endormir  si loin des bords de  Nduo et du Congo?  L’homme cherche toujours à se perfectionner. Et Germain Bisset, en stage  en France, n’a plus jamais secoué les tripes des chers «zauditeurs» sportifs congolais. Il s’y est définitivement  installé. Pour y écouler ses derniers jours. Aura-t-il, un jour,  une sépulture  à Kingoué, où il est né, il y a soixante-douze ans ? Bel hommage, alors, à ce chevalier congolais du micro!

Fulbert KIMINA-MAKUMBU

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