Nécrologie : Fulbert Kimina-Makumbu ou la disparition du géant de la presse sportive congolaise

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Journaliste sportif à la retraite,  Fulbert Kimina-Maku mbu s’est éteint, brusquement, des suites d’une insuffisance rénale, lundi 9 janvier 2012, à 21h45, à l’hôpital central des armées Pierre Mobengo de Brazzaville, où il était admis seulement le matin. Il devait y subir une intervention chirurgicale, le lendemain. Il avait 73 ans (Né vers 1939, à Ndimba-Voka (district de Boko). Fulbert Kimina-Makumbu était le doyen de la presse sportive congolaise. Une véritable bibliothèque vers laquelle ses confrères journalistes sportifs accouraient.

Quarante-six ans consacrés au journalisme sportif au sein du journal La Semaine Africaine, Fulbert Kimina-Makumbu était devenu un personnage mythique. Sa vie a été tout un gisement que ses confrères, jeunes et vieux,  n’ont pas fini d’explorer. Il était considéré, en effet,  comme un monument, pour sa parfaite connaissance du sport congolais, en général, du football, en particulier, et surtout pour son art de conter ce sport, à travers son histoire. Il a été le témoin des plus hauts faits du sport national, qu’il a immortalisés par des articles aux titres percutants et des clichés qu’il conservait, jalousement.
On allait voir Fulbert Kimina-Makumbu comme on va rendre visite à un patriarche, pour une raison ou une autre: parler de sport, surtout, faire écrire ou lire un article ou un manuscrit de livre, commander un article, etc. N’était-il pas une encyclopédie vivante? Et l’homme, affable, humain vous mettait en condition.
Toute sa vie, Fulbert Kimina-Makumbu a exercé, avec passion et dévouement, son métier. Il intégra La Semaine Africaine, le 2 septembre 1960, après avoir été son correspondant permanent, à Pointe-Noire, à partir de 1957. C’est un journaliste qui s’est forgé sur le terrain.
Fulbert Kimina-Makumbu a continué à travailler à La Semaine Africaine, même après avoir atteint l’âge de la retraite. Comment se séparer d’une plume aussi remarquable en matière de sport? A la rédaction, on avait le sentiment qu’il était irremplaçable. Il avait fini par transmettre son talent à un jeune, l’auteur  de cet artiicle, qui a pris le relais.
Le doyen a fait valoir ses droits à la retraite, le 30 juin 2005. Mais, le virus de l’écriture aidant, il a continué à collaborer comme pigiste, jusqu’au début de 2006, année où il a cessé, définitivement, avec le journal. Sa vue ayant eu, finalement, raison de lui. Cependant, il  n’avait pas divorcé avec la plume. Il prêtait ses services au journal paroissial «Le Ressuscité», du Plateau des 15 ans.
Qui ne connaît donc pas Fulbert Kimina-Makumbu? Casquette vissée sur la tête,  appareil photo souvent en bandoulière, calepin à la main, il a fait le tour des stades du Congo, d’Afrique centrale et même d’ailleurs, en accompagnant les clubs et sélections nationales représentatifs du pays. Personne ne restait indifférent devant sa description des matchs, devant le portrait qu’il dressait des dirigeants et joueurs et, surtout, devant son style imagé qu’il a hérité de Sylvain Bemba «Le 24ème Homme», son modèle et prédécesseur comme animateur principal de la rubrique Sport de La Semaine Africaine. Il a écrit des milliers d’articles, en sport, sa rubrique de prédilection, mais également, en religion, en culture, société, en politique, etc.  Avec un succès égal. D’ailleurs, son premier article avait trait à la religion, en 1957.
En sport, son premier papier fut publié dans le n°419 du 11 septembre 1960. Il en avait tellement produit qu’il a été obligé, ensuite, d’user de nom d’emprunt. C’est  Fulbert Kimina-Makumbu qui se cachait derrière les pseudonymes de Pilote, Carioca, Mundenda-Vuata, Baminabio-Bileko, Jean Kiviangu-Viangu Kaka, etc. Des noms parfois farfelus. Et la galerie s’en régalait. Il a sorti de l’anonymat des jeunes tentés par l’aventure journalistique. De même que des photographes désireux se faire un nom.
Dommage, Fulbert Kimina-Makumbu est parti, avec un  grand regret. Il ne lira pas, dans  sa forme définitive,  le manuscrit qu’il a écrit sur l’histoire du football congolais,  «Fantastique football congolais, de 1919 à nos jours»,  si jamais il est édité.
Fulbert Kimina-Makumbu est parti. Il laisse une place qu’il sera difficile de voir à nouveau être occupée, tant l’homme était d’une espèce exceptionnelle. Unique. Adieu «Grand K», comme on aimait à l’appeler au sein de notre rédaction!

Guy-Saturnin MAHOUNGOU

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