Ladislas Douniama ouvre la boîte à souvenirs

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Depuis La Réunion, l’ancien chouchouc du public congolais, alias Kirikou, s’est livré au jeu des questions souvenirs avec son habituelle jovialité

Les Dépêches de Brazzaville : Ladislas, avant d’évoquer l’avenir, puisque tu es toujours en activité, peux-tu nous dire si tu te souviens de ton premier match professionnel ?

Ladislas Douniama : Mon premier match en club ? Je pense avec l’En Avant Guingamp lors de ma première saison (ndlr : le 30 juillet 2010, lors de la victoire de l’EAG contre Grenoble en Coupe de la Ligue, avec deux passes décisives délivrées. En 2004-2005, il avait disputé 12 matches de National avec Nîmes, qui avait alors le statut amateur). En tous cas, je me souviens de mon premier but, à Gueugnon (ndlr : le 10 octobre 2010).

LDB : Et le premier en Ligue 1 ?

L.D : Je ne me souviens pas du premier match en L1, mais de mon premier but. C’était de la tête contre Evian-Thonon avec Guingamp (ndlr : 19 octobre 2013).

LDB : Tu jouais à l’US Orléans lors de ta première sélection. Te souviens-tu de l’adversaire ?

L.D : Je crois que c’était contre le Soudan. Le coach Todorov me fait entrer en cours de match et ensuite je délivre une passe décisive à Willy Endzanga pour le seul but du match (ndlr : entré à la 40e, passeur à la 72e lors des éliminatoires de la CAN 2010.

LDB : Et ton premier but ?

L.D : C’était en amical, à Luanda, contre l’Angola. J’avais marqué dans les dernières secondes et on avait gagné 1-0.

LDB : Quand as-tu été convoqué pour la première fois ?

L.D : C’était un match amical, soit contre Saint-Etienne, soit contre la Bretagne (ndlr : contre les Verts en mars 2008, puis la Bretagne en mai 2008).

LDB : Quelle est la plus grande émotion de ta carrière ?

L.D : Je dirais que la boîte à souvenirs est bien pleine. S’il faut en choisir un, c’est la qualification à la CAN 2015.

LDB : Et ta plus grande fierté ?

L.D : Je suis fier d’avoir régulièrement repoussé les limites que certains me fixaient à cause de ma taille : d’être devenu international, puis d’avoir joué en Ligue 2, en Ligue 1. Ça m’a permis de jouer une CAN pour mon pays, de gagner une Coupe de France (ndlr : en 2014 avec Guingamp contre Rennes) et d’avoir touché du bout des doigts la Ligue Europa (ndlr : une apparition contre la Fiorentina).

LDB : Y-a-t ’il un choix de carrière que tu regrettes ?

L.D : Non, je ne regrette rien.

LDB : Parmi tous tes co-équipiers, en club ou en sélection, lequel t’a le plus impressionné ?

L.D : Thievy Bifouma. J’ai côtoyé des très bons joueurs, mais, lui a un talent incroyable. Je me souviens d’une séance, à Saly, durant laquelle Claude Le Roy avait organisé des 3 contre 3. J’étais avec Thievy et Fodé (ndlr : Doré). La première équipe qui encaissait un but sortait du terrain… Nous sommes restés pendant toute la séance. Avec lui, c’était facile de jouer au foot.

LDB : Et quel adversaire t’a le plus bluffé ?

L.D : Je dirais Thiago Silva, il est vraiment impressionnant : rapide, intelligent dans les placements, dur dans les duels. Très complet.

LDB : Quel entraîneur a le plus influencé ta carrière ?

L.D : En club, c’est Jocelyn Gourvennec. Il a su me faire prendre conscience de ce que j’étais capable de faire, à comprendre que ma taille était un atout, car elle m’offrait un profil atypique. Quand un coach te fait confiance et te met en confiance, c’est important dans une carrière.

LDB : Et en sélection ?

L.D : Tout à commencer avec Ivica Todorov, que je veux encore remercier, car il est allé me chercher à Orléans. C’est grâce à lui que tout a commencé pour moi. Ensuite, il y a Jean-Guy Wallemme, qui a été très présent lorsque je suis prêté par Lorient à Arles-Avignon. Mentalement, j’avais été affecté de retourner en L2 en ayant l’impression de ne pas avoir vraiment ma chance. Et il a su me relancer, me regonfler le moral. Son discours a été important à ce moment-là. Puis Claude Le Roy : avant la CAN 2015, il était venu me voir à Guingamp pour me dire qu’il avait un onze qui tournait bien, mais qu’il comptait sur moi pour encadrer l’équipe et que je partage mon vécu au vestiaire. Il m’avait demandé d’être le capitaine du banc de touche. Grâce à cela, j’ai appris à être apporter à l’équipe sans être titulaire. C’était le choix du collectif dans une belle aventure humaine.

LDB : Dans quel club aurais-tu aimer jouer au Congo ?

L.D : Question délicate… donc je vais répondre par une autre question : qu’est qui te dit que je ne jouerais jamais dans un club congolais ?

LDB : Avant une possible arrivée au Congo, ton actualité passe par La Réunion, où les entraînements pourraient reprendre début mai. Tu as d’ailleurs changé de club récemment.

L.D : Oui, je me suis engagé en février en faveur de La Tamponnaise, entraîné par Jean-Pierre Bade (ndlr : ex Lens, OM, Nantes, Strasbourg, Matra et Bordeaux). On espère que le championnat reprendra début juin, après un mois de préparation.

LDB : Qu’est ce qu’on peut te souhaiter : un retour à Guingamp en Coupe de France avec La Tamponnaise ?

L.D : ça serait un joli clin d’œil, mais le chemin est très long : il faut déjà se qualifier par le biais de la Coupe régionale de France (ndlr: l’équivalent de la Coupe de la Ligue, à elle est différente de la Coupe de la Réunion). Seuls les vainqueurs des deux finales se qualifient pour le 7e tour de la Coupe de France. La route est longue entre le stade de Tampon et le Roudourou.

Camille Delourme

Légendes et crédits photo :

Ladislas Douniama, alias Kirikou, et les Diables rouges, une vraie histoire d’amour (CD/ADIAC) Une histoire d’amour débutée en 2008, ici contre la Bretagne aux côtés du capitaine Oscar Ewolo (CD/ADIAC)

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