INTERVIEW EXCLUSIVE DE FRANCHEL IBARA

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Congo's Franchel Ibara celebrates his penalty-kick goal against Austria during the FIFA U-20 World Cup soccer match in Edmonton, Canada, Monday, July 2, 2007. The game ended in a 1-1 tie. (AP Photo/ Jimmy Jeong)

Joueur au talent pur et irréprochable, Franchel Ibara est l’un des rares footballeur congolais de sa génération à avoir remporté la coupe d’Afrique avec l’équipe nationale des juniors (2007) et la coupe de la Confédération avec le club AC Léopards (2012). Il a aussi le mérite d’avoir porté les couleurs de 5 des plus grands clubs congolais de ces 15 dernières années à savoir :  Etoile du Congo, Diables Noirs, AC Léopards, CARA et AS Otoho. Il a accordé une interview exclusive à la rédaction de Congo Sport. Dans cet entretien il est revenu sur la CAN Junior 2007 et ses rendez-vous manqués de Sochaux, en France et AS Vita Club de Kinshasa.

CETTE SAISON, ON NE VOUS A PAS DU TOUT VU JOUER. QUE SE PASSE-T-IL ?

J’ai eu deux chocs coup sur coup, les décès de mon père et de mon grand frère, qui m’ont vraiment bouleversé. C’étaient deux personnes qui comptaient vraiment beaucoup pour moi. J’ai décidé de faire une pause pour me remettre de cette situation douloureuse. Je vais me relancer certainement l’année prochaine.

QUEL A ETE LE SECRET DE LA REUSSITE DU CONGO A LA CAN JUNIOR 2007 ?

Il y a eu une bonne organisation avec à la tête, lui-même le chef de l’Etat son excellence Denis Sassou Nguesso. Les moyens ont été mis en jeu pour une préparation de qualité. Sous la férule du coach Eddy Hudansky une bonne sélection de jeunes était faite. Le groupe est resté ensemble pendant deux ans, disputant un tournoi de préparation (au Benin) et des matchs amicaux contre Sénégal, l’Angola et l’Egypte. Durant cette préparation, nous avions liés des amitiés et créer une certaine complicité qui a solidifié le mental de l’équipe. L’objectif était clair à tous les niveaux : gagner la coupe.

VOUS VOUS SOUVENEZ ENCORE DU PARCOURS DE L’EQUIPE PANDANT CETTE COMPETITION ?

Les souvenirs sont encore là, 13 ans après ce n’est pas beaucoup même si le temps passe vite. Tout a commencé avec la phase de poule. Le Congo a battu la Côte d’Ivoire sur le score de 2-0 grâce à un doublé de Fabrice Ondama. C’était une grande responsabilité à 17 ans, jouer devant le président de la république et une foule immense. Nous avons du coup pris conscience de la responsabilité qui pesait sur nos épaules. Après nous nous sommes battus jusqu’à disputer la finale.

RACONTEZ-NOUS COMMENT VOUS AVEZ VECU CETTE FINALE ?

C’était une pression énorme d’abord sur nous les joueurs qui devraient se concentrer, ensuite sur le staff technique qui n’avait pas droit à l’erreur après avoir fait le plus dur et enfin sur le ministre Marcel Mbani qui ne cessait de rassurer le président de la république. Je discutais sur le banc de touche avec Garcia Ikouma mon coéquipier et je lui ai promis de marquer si on me faisait entrer. J’avais fait la même promesse à Monsieur le ministre Mbani. Plus le temps passait, je brulais d’impatience, mais le coach qui avait fait une bonne lecture du match m’a fait entrer au bon moment. Dès que j’ai commencé mon échauffement, le ministre a dit au président que c’était moi qui devrais marquer. Effectivement, j’ai concrétisé l’unique occasion nette qui s’est présenté à moi dans un match serré dont l’issue devenait de plus en plus incertaine. C’était la joie totale, tout le pays était en fête et moi aux anges !

ON VOUS REPROCHE D’AVOIR OUBLIE LE PUBLIC DES DIABLES NOIRS POUR ALLER CELEBRER VOTRE BUT AVEC LE PUBLIC DE L’ETOILE DU CONGO, ALORS QU’IL S’AGISSAIT D’UN MATCH DE L’EQUIPE NATIONALE. POURQUOI AVOIR TRAVERSE TOUT LE TERRAIN ?

C’est vrai et je m’en excuse d’ailleurs mais là encore c’était un souhait du président de l’Etoile du Congo, René Serge Blanchard OBA, qui était convaincu que j’allais marquer. Il m’a dit la veille : « Franchel, c’est toi qui vas marquer le but de la victoire et je veux que tu le célèbre avec le public de l’Etoile du Congo ». Avec ces paroles en tête et l’euphorie du but, j’ai eu ce réflexe de traverser tout le terrain pour tenir ma promesse. C’est vrai que cela avait été diversement interprété, mais comme a su le dire un grand homme : « comprenez mon émotion ».

VOUS NE CESSEZ DE PARLER DE LA PROMESSE DE CE BUT. COMMENT LE SAVIEZ-VOUS ? ETAIT-CE UN BUT MYSTIQUE OU DE « MEDICAMENT » COMME ON L’A SOUVENT ENTENDU ?

Pas du tout ! C’est de la pure spéculation. Je pense que l’équipe a connu un parcours exemplaire, fruit du travail acharné des uns et des autres. Nous avions un objectif à atteindre : gagner la coupe à domicile. Le ministre et le staff ne cessaient de nous le rappeler. De mon côté, j’ai juste fait preuve d’optimisme et de détermination. Mes qualités étaient indéniables et mon apport pour l’équipe incontestable. J’ai simplement formulé un vœu que Dieu a gracieusement exaucé. On a vu Cristiano Ronaldo promettre un triplé face à l’Athlético de Madrid en ligue des champions et il l’a fait. Il n’y a rien de mystique. Les gens sont libres de penser à « quoi que ce soit », mais c’était un but splendide, une action bien construite et une conclusion parfaite. Ça s’appelle le travail bien fait !

APRES UN TEL EXPLOIT, COMMENT JUSTIFIER VOTRE ECHEC A SOCHAUX EN FRANCE ?

Je vous remercie pour cette question ! Vous me donnez là, l’occasion de clarifier cette situation.  En France, j’avais signé un contrat professionnel de 3 ans avec Sochaux et dans un premier temps je devais jouer avec la deuxième équipe (réserve). La deuxième année, on m’a annoncé que je devrais intégrer l’équipe première pour un match de la coupe de la Ligue contre l’Olympique de Marseille. C’était une très bonne nouvelle puisque j’attendait impatiemment ce moment. Le jour de la rencontre, j’ai eu un léger contact avec mon coéquipier Omar DAF aux entrainements. A ma grande surprise, le mal a empiré au point où je ne pouvais pas disputer la rencontre. Les jours qui suivaient, j’ai fait des examens qui n’ont rien révélé mais j’avais toujours mal. Le club m’a pris pour un farceur. D’après le staff, j’avais peur de jouer et je simulais un mal. J’ai donc résilié le contrat et je suis renter au pays. Et bizarrement, le mal a disparu. C’est vraiment difficile à expliquer.

ET VOTRE ECHEC A KINSHASA, ON VOUS ACCUSE DE FAIRE LA FETE CHAQUE WEEK-END AU LIEU DE JOUER. C’EST BIEN ÇA ?

A Kinshasa, je n’ai pas été chassé comme certains le prétendent. En réalité c’est le Président de la section football de l’AS V. club qui avait décidé de réduire les salaires des joueurs de moitié après l’élimination de l’équipe face à Coton Sport en ligue des champions. Mon manager ne l’a pas entendu de cette oreille et il a voulu résilier le contrat. AS Vita Club a refusé la résiliation du contrat. C’est alors que le président Remy Ayayos de l’AC Léopards a racheté mon contrat. J’ai donc intégré l’AC Léopards et gagné la coupe de la confédération en 2012.

QU’EST-CE QUI JUSTIFIE LE MANQUE DE REUSSITE DES JOUEURS DE TA GENERATION EN DEHORS DE DELVIN NDINGA ET ONDAMA ?

Il n’y a pas eu de suivi de la part de nos dirigeants. Nous étions très jeunes et ce n’est pas facile de se retrouver sans encadrement et surtout sans direction. C’est la jeunesse qui nous a quelque peu embrouillé. Lorsque j’étais à Sochaux, j’ai vu comment les présidents des fédérations et les ministres des sports rendaient régulièrement visite à leurs jeunes joueurs. Ils prenaient constamment des nouvelles de leurs joueurs auprès du staff et de l’équipe dirigeante. Mais en ce qui nous concerne, c’était un abandon qui ne disait pas son nom. C’est regrettable !

QUE COMPTEZ-VOUS FAIRE APRES AVOIR ARRETER VOTRE CARRIERE ?

Vous savez nous autres qui avons commencé à jouer très jeunes, sommes stigmatisés du fait de notre age, mais enfin, je pense que je peux encore jouer quelques années avant de me lancer dans l’encadrement des jeunes. Et pourquoi pas être un jour sélectionneur de l’équipe nationale pour donner un autre titre au Congo.

VOTRE DERNIER MOT

Je suis très ravi d’avoir accorder cette interview qui, je pense va éclairer la lanterne de certaines personnes qui sont abonnées à la rumeur. C’est à travers ce genre d’échange que nous pouvons découvrir les joueurs et l’histoire de notre football. Je vous félicite pour cette initiative.

 

Propos recueillis par Ben’K AUBINSON

 

 

FICHE DU JOUEUR

 

Nom : IBARA

Prénom : Franchel

Né le : 29 juillet 1989 à Brazzaville

Surnom : Fouka

Poste : attaquant

Taille : 1,72

Poids :72 Kg

 

Clubs successifs :

2004-2005 : Inter club

2005-2006 : Saint Michel de Ouenzé

2005-2006 : Pigeon vert de Pointe-Noire

2006-2007 : Etoile du Congo

2007-2008 : CNFF

2008-2010 : Sochaux

2010-2011 : Etoile du Congo

2010-2011 : AS Vita Club de Kinshasa

2011-2013 : AC Léopards de Dolisie

2013-2014 : Diables noirs

2015-2017 : CARA

2017-2019 : AS Otoho

 

© Mai 2020, Congo Sport

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