Football : les sélectionneurs étrangers en manque de réussite chez les Diables rouges

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En cinquante-huit ans d’existence, les Diables rouges ont participé à sept phases finales de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). La moisson paraît très  faible chez les techniciens étrangers. Seul le Français Claude Le Roy a qualifié le Congo à la phase finale.

Depuis la création de l’équipe nationale en 1962, plus d’une dizaine de sélectionneurs étrangers se sont succédé à la tête des Diables rouges avec pour principale mission de qualifier l’équipe nationale du Congo à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations. Après plusieurs échecs, Claude le Roy a brisé la malédiction des sélectionneurs étrangers à la tête des Diables rouges.

Sous sa direction, les Diables rouges ont disputé la phase finale de la CAN 2015 quinze ans après leur dernière  participation.  Les champions d’Afrique 1972 ont même fait mieux que lors de la CAN co-organisée  par le Nigeria et le Ghana en occupant la 5e place après les quarts de finale perdus face aux Léopards de la République démocratique du  Congo.  C’est avec beaucoup de réussite que ce technicien français a gagné son pari. Après sa victoire contre la Namibie, le Congo était éliminé par le Rwanda au deuxième tour des éliminatoires de la CAN 2015.  La faute administrative commise par le Rwanda sur l’identité de l’un de ses joueurs a remis les Diables rouges dans le coup. Les Diables rouges font une bonne campagne en battant respectivement le Nigeria à Calabar puis le Soudan à Khartoum pour terminer deuxième de leur groupe derrière l’Afrique du Sud. Comme l’aventure de Claude Le Roy à la tête des Diables rouges devrait s’arrêter un jour. Il avait démissionné dans la foulée de la qualification du Congo à la phase de poules des éliminatoires de la Coupe du monde Russie 2018. Il avait laissé les Diables rouges dans les éliminatoires de la CAN 2017 premiers de leur groupe avec quatre points (un nul à Owando contre le Kenya et une victoire à l’extérieur contre la Guinée Bissau).

Le Français Pierre Lechantre qui l’a succédé n’a pas eu de la réussite qu’il fallait. Le Congo ne s’est pas qualifié à la phase finale de la CAN de Libreville 2017. Dans la foulée de la contre-performance des Diables rouges contre le Kenya (1-2), Pierre Lechantre a démissionné. Avec lui, les Diables rouges avaient perdu leurs premiers matches des éliminatoires de la Coupe du monde de Russie à domicile contre l’Egypte.  Le poste laissé vacant est occupé par un revenant Sébastien Migné. L’ancien adjoint de Claude  Le Roy a été choisi parce qu’il connaissait la maison Diables rouges. Malheureusement, il  ne dispute qu’un seul match des éliminatoires de la CAN 2019 avec les Diables rouges : celui perdu 1-3 à Kinshasa face aux Léopards de la RDC dans le cadre de la première journée. Puis cinq matches des éliminatoires de la Coupe du monde de Russie. Le bilan ne plaidait pas en sa faveur. Il va démissionner pas pour insuffisance de résultats mais pour d’autres motifs.

L’actuel sélectionneur, le Brésilien Valdo Candido, qui a manqué sa première expérience dans les éliminatoires CAN 2019, a une nouvelle chance à saisir pour devenir ainsi le deuxième sélectionneur étranger à qualifier les Diables rouges à la phase finale de la CAN 2021.  Le Congo est actuellement deuxième de son groupe avec trois points derrière le Sénégal. L’histoire des Diables rouges et des sélectionneurs étrangers n’a pas commencé par ces sélectionneurs.

Les nationaux ont fait mieux

Les Diables rouges ont connu plusieurs sélectionneurs.  Le Congo a participé à sa première CAN en 1978 avec comme sélectionneur Paul Ebondzibato. Le Congo est éliminé au premier tour à Asmara. Deux ans plus tard, les Diables rouges remportent la CAN avec Michel Oba, Bibanzoulou Amoyen et Désiré Mayala sur le banc.  En 1974, sous la direction de Robert Ndouri,  ils échouent en demi-finale de la CAN.  Maurice Ondzola a conduit les Diables rouges à la CAN 1978. Mais, bien avant lui, le Congo tentait la première expérience avec un entraîneur expatrié.  Le Roumain Cicerone Manoulaché (1974-1976) n’a pas réussi à qualifier le Congo à la CAN 1976.  Ce ne sera non plus avec  le Français Yvon Goujon qui a dirigé les Diables rouges de 1986-1987. Seize ans après, le trio Minga, Mpélé et Kaya Vautour qualifie le Congo à la phase finale de la CAN Sénégal 1992.

Les Diables rouges sont éliminés en quarts de finale par les Blacks Stars du Ghana et terminent au 5e rang. Huit ans après, ils participent à la CAN 2000 avec David Memy comme sélectionneur. Après c’est un grand passage à vide qu’Eugène Moldovan, sélectionneur de 2001-2002 n’a pas pu combler. Arrivé comme un sauveur le Suisse Claude « Didi » Andrey a vu ses ambitions être anéanties par les contre-performances. Le Congo termine les éliminatoires de la CAN 2004, deuxième derrière le Burkina Faso qui avait tenu le Congo en échec à Brazzaville après le penalty manqué par Rolf Nguie Mien. Il cède sa place au Français Christian Létard qui vient lui aussi avec sa vision.  Comme son prédécesseur, il ne réussit ni à qualifier le Congo à la CAN ni à la Coupe du monde 2006. Les Diables rouges terminent quatrièmes dans un groupe à six équipes lors des éliminatoires jumelées. Létard est remplacé à la tête des Diables rouges par  le Français Noel Tosi qui malheureusement a été limogé sans perdre le moindre match des éliminatoires de la CAN 2008. Le Congo avait tenu à domicile l’Afrique du Sud  en échec 0-0 avant de battre le Tchad 3-0. Mais le nul concédé face à la Zambie lui avait coûté sa place.

Le Serbe Ivica Todorov a succédé à Tosi quelques mois après. Il a dirigé les Diables rouges de février 2008 à mai 2009 puis de janvier 2010 à novembre 2010 sans gagner le pari de la qualification à la CAN.  Les Diables rouges qu’il dirigeait avaient manqué de justesse la qualification à la CAN 2010 en s’inclinant à Khartoum 0-2 alors qu’un nul leur suffisait. Après un bref passage du Français Robert Corfu (mis en essai), son compatriote Jean Guy Wallemme a pris les rênes des Diables rouges en 2011. Il a démissionné après la défaite des Congolais à Kampala 0-4 alors qu’ils avaient gagné la manche aller 3-1. Son adjoint, le Franco-Algérien Kamel Djabour a assuré l’intérim et a poursuivi les éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Les Diables rouges perdent la qualification pour les barrages à domicile en s’inclinant 0-1 face aux Etalons du Burkina Faso. Après son passage, le président de la République a pris les choses en main en déclarant : « Le Congo est une nation de football, il lui faut un entraîneur de renom ». C’est dans cet esprit que Claude Le Roy a été recruté.

 

James Golden Eloué

Légendes et crédits photo :

Claude Le Roy et les Diables rouges lors de la CAN 2015/photo Kwamy

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