BILAN DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA EN 2017 : LIGUE 1 FRANCE

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Dijon's French-Congolese midfielder Dylan Bahamboula (L) celebrates with teammates after scoring a goal during the French League Cup football match between Dijon and Sochaux at the Gaston Gerard stadium in Dijon on October 26, 2016. / AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

Monaco/Yhoan Andouzana :

Néo-professionnel au sein du riche effectif de l’AS Monaco, Yhoan Andzouana n’a pas joué en Ligue 1 cette saison et n’est donc pas officiellement champion de France. Aligné 21 fois en CFA, pour 17 titularisations, le milieu offensif de 20 ans a inscrit 5 buts.

Le point d’orgue de sa saison sera sa titularisation, dans un contexte compliqué, au Parc des Princes lors de la demi-finale lourdement perdue par une équipe ter de Monaco face au PSG (0-5). Lié pour encore deux ans à l’ASM, il doit opter pour un prêt la saison prochaine, dans un club compétitif, pour pouvoir prétendre à un rôle conséquent l’année suivante. Ou un départ.

L’exemple de son coéquipier Valère Germain, parfois négligé, puis prêté à Nice, avant de devenir un élément important, démontre que l’avenir n’est pas forcément bouché. Présélectionné par Sébastien Migné pour le match RDC-Congo, l’international U23 aura ainsi l’occasion de prouver qu’il a musclé son jeu et progressé dans l’utilisation de ses qualités techniques et individuelles.

Lyon/Alan Dzabana

Avec 15 buts inscrits en 27 matchs de CFA (18 comme titulaire), Alan Dzabana a effacé des tablettes le record d’Alexandre Lacazette. Prometteur pour le petit-fils de l’illustre Germain Dzabana, dit « Jadot ». Appelé en équipe première à une reprise, il n’aura pas l’occasion d’entrer en jeu, puisque la rencontre est interrompue à la pause par les violences subies par son équipe à Bastia.

Alors que le Congo l’avait sélectionné pour le match amical Congo-Mauritanie, en mars, Lyon lui offre, dans la foulée, son premier contrat professionnel. Difficile de ne pas voir un rapport entre cette signature et son refus de rejoindre le pays de ses parents, puisque le joueur et son entourage avaient donné leur accord lors des discussions préalables avec le staff technique. Dommage, mais pas irrémédiable pour ce talentueux attaquant de 20 ans.

Marseille/Brice Samba

A l’OM, qui est parvenu à se qualifier pour la Ligue Europa lors de l’ultime journée, la saison de Brice Samba junior est blanche : aucune apparition en Ligue 1, puisque Yoann Pelé a joué les 38 matchs, mais pas plus en Coupes, ce qui est plus inquiétant. Avec la réserve, le natif de Linzolo n’a joué qu’une seule rencontre.

Après un prêt raté à Nancy l’an passé (7 matchs toutes compétitions confondues, réserve comprise), Brice Samba n’a pas convaincu l’OM, où son départ, en fin de contrat, semble inéluctable. Alors que Sébastien Migné lui a tendu la main pour le relancer en sélection, où il en faisait sa priorité dans les buts, Samba a répondu par la négative. Intriguant et, avouons-le, assez désespérant.

Nantes/Jules Iloki

La troisième saison en Ligue 1 de Jules Iloki (26 minutes de jeu en 2014-2015, 21 matchs et 1 but en 2015-2016) a été sinusoïdale. Le milieu offensif excentré de 25 ans a débuté par une titularisation et une passe décisive face à Dijon lors de la 1re journée. Mais il se blesse (claquage) ensuite à l’entrainement et est éloigné des terrains entre les 3e et 12e journées.

A son retour dans le groupe, fin novembre, il retrouve sa place qu’il conserve à l’arrivée de Sergio Conceiçao, en décembre, qui apprécie sa percussion et son engagement. Mais s’il enchaîne les sorties (11 titularisations et 5 entrées en jeu entre les 13e et 30e journées), il manque aussi  d’efficacité, en dépit de son activité sur son flanc droit : 1 but et 3 passes décisives. Lors des dernières journées, il ne dispute que des bouts de matchs avant de finir par une titularisation « fantôme » lors de la 38e.

Au final, la saison du milieu offensif est correcte (1 but et 3 passes décisives en 23 matchs, 2 passes décisives en 4 matchs de Coupes nationales), sans plus. Mais à 25 ans, il n’a toujours pas accepté de rejoindre les Diables rouges. Dommage pour le Congo…mais encore plus pour lui. L’horloge tourne et il se réveillera un jour avec un grand vide dans sa carrière…

Angers/Fodé Doré

Angers, 12e, a déjà fait l’essentiel en obtenant un maintien bien aléatoire au creux de l’hiver (19e le 28 janvier). La finale de Coupe de France, samedi soir face au PSG, pourrait bien bonifier ce cru 2016-2017. Pour Fodé Doré, il sera difficile de savourer cette saison : resté 21 fois sur le banc, il plafonne à 171 minutes de jeu en Ligue 1 (1 titularisation et 8 entrées en jeu) auxquelles s’ajoutent 150 minutes de jeu en Coupes (3 fois titulaires) et 4 matchs de CFA 2.

Comme le Nigérian Nwakaeme, Doré s’est retrouvé barré par le quatuor Diedhiou, Ekambi, Pepe et Bamba. Et l’international congolais devra désormais se relancer loin du Stade Raymond Kopa, malgré les deux années de contrat qui lui restent.

Montpellier/Morgan Poaty/Bryan Passi

A Montpellier, Morgan Poaty et Bryan Passi ont signé leur premier contrat professionnel et pourraient bien s’inscrire dans la durée. Pour cette première saison chez les « pros », marquée par des résultats en dents de scie et une piteuse 15e place finale, ils ont débuté leur apprentissage du football professionnalisme avec quelques apparitions : 7 convocations, 1 titularisation et 2 entrées en cours de match pour Passi, 6 convocations, 1 titularisation et 2 entrées en jeu pour Poaty.

Pour le jeune latéral gauche de 19 ans, premier des deux à intégrer le groupe pro, l’expérience a eu un goût amer avec son expulsion dès la 8e minute de la 6e journée sur un tacle certes appuyé, mais amplifié par la grossière théâtralité de Tolisso.

Pour Passi, après une première entrée remarquée dans l’entrejeu face à Metz, en janvier, la saison s’est achevée par un match compliqué dans l’axe de la défense lors de la 38e journée.

Mais, au vu de leur talent, leurs carrières semblent prometteuses. A eux d’y ajouter une dimension internationale en acceptant de rejoindre le Congo. Le contact entre eux et le staff des Diables rouges existe et les raisons d’espérer sont réelles.

Dijon/Arnold Bouka Moutou et Dylan Bahamboula

Promu en Ligue 1 en début de saison, Dijon a rempli, aux prix de sueurs froides dans le sprint final, sa mission : se maintenir. Mais il faut reconnaître que l’apport des deux Congolais de l’effectif a été assez limité.

Ça avait pourtant bien débuté pour Dylan Bahamboula, recruté en juillet 2016 pour 3 ans : il enchaîne deux titularisations, puis une entrée ponctuée d’un but lors d’une victoire estivale du DFCO face à Lyon (3e journée). Il perd sa place à partir de la 9e journée avec trois entrées en jeu (pour un total de 39 minutes) jusqu’à la fin de la saison, sept matchs sur le banc, quatorze fois non convoqués et une blessure qui lui fait manquer les cinq dernières journées. Son bilan final est de 11 matchs et 1 but en Ligue 1 (1 but en 10 matchs de CFA 2, 1 but en 1 match de Coupe de la Ligue et 1 match de Coupe de France).

Doté de qualités techniques et physiques indéniables, Bahamboula fait l’objet des mêmes critiques qui avaient sanctionné son prêt au Paris FC : investissement insuffisant et tendance à l’individualisme sur le terrain. Des carences que le futur international (il devrait répondre positivement à sa convocation pour le stage de Lisses) doit gommer pour connaître la carrière que l’on lui souhaite.

Arrivé à Dijon l’été dernier en provenance d’Angers, où il sortait d’une saison perturbée par deux blessures (à cause d’une blessure au genou, il a manqué préparation estivale, les 5 premières journées et a rechuté fin décembre), Arnold Bouka Moutou n’a pas pu faire mieux cette saison. Et même fait pire, car deux blessures au mollet et une au bassin lui ont fait manquer 12 matchs de Ligue 1.

Et quand il n’est pas blessé, c’est la méforme, après une préparation estivale gaspillée par une blessure, qui le pénalise. Résultat : 10 matchs de Ligue 1 (8 titularisations) 3 en CFA 2 et 2 en Coupe de France.

Souhaitons-lui de bénéficier, enfin, d’un été en pleine forme pour pouvoir préparer au mieux la saison prochaine. Et regagner une place de titulaire perdue au profit du Tunisien Haddadi. Car, en plus d’être un bon footballeur, Arnold Bouka Moutou est un homme bien, apprécié de tous ses partenaires, en club comme en sélection.

Caen/Durel Avounou et Exaucé Ngassaki

Difficile de savoir si le maintien de Caen est vraiment une bonne nouvelle pour Durel Avounou et Exaucé Ngassaki. En étant pragmatique, on peut imaginer qu’ils auraient bénéficié davantage de temps de jeu, la saison prochaine, si le club normand était descendu en Ligue 2.

Mais, au bénéfice d’un match nul arraché au Parc des Princes, le SMC a gagné le droit de rester dans l’élite, sous les yeux d’Avounou, remplaçant. Un statut qu’il a connu à 4 reprises durant la saison. En CFA 2, il a été aligné à 18 reprises, la plupart du temps en défense centrale.

Son compatriote Exaucé Ngassaki, également appelé à 4 reprises en équipe première, à lui connu la (courte) joie d’une entrée en jeu (2 minutes lors de la 21e journée). Auteur de 6 buts en 21 matchs de CFA, l’ancien pensionnaire de la Djiri semble avoir parfois manqué d’humilité après ses apparitions en équipe première, comme le remarquait Patrice Garande en avril dernier : « « La première semaine qu’il a été avec nous, c’était bien. Après, moins. Ce n’est pas parce que vous êtes dans le groupe depuis une semaine qu’il faut vous comportez comme un pro avec dix ans de carrière derrière vous. Et quand vous redescendez en réserve, vous devez être au-dessus des autres et pour Exaucé, ça n’a pas été le cas ».

A méditer pour ne pas louper le coche la saison prochaine…

Lorient/Bradley Mazikou

A Lorient, 18e et barragiste, Bradley Mazikou a été convoqué deux fois en Ligue 1, sans entrer en jeu. Le latéral gauche de 20 ans a par contre connu une titularisation en Coupe de la Ligue, en octobre, face à Rennes (2-3) et est resté sur le banc en Coupe de France. Aligné à 24 reprises en CFA, Mazikou, sous contrat jusqu’en juin 2019, devra faire mieux la saison prochaine, en Ligue 1 ou en Ligue 2, en fonction du résultat du barrage face à Troyes.

Nancy/Tobias Badila, Faitout Maouassa et Ryan Bidounga

Nancy aura été le principal pourvoyeur de joueurs congolais cette saison en Ligue 1 avec Tobias Badila, Faitout Maouassa et Ryan Bidounga (Yann Mabella n’a jamais été convoqué en équipe première). Et pourtant, Nancy, 19e, est relégué en Ligue 2.

Une division que ne devrait pas connaître Faitout Maouassa. Double champion d’Europe avec les U17 et U19 français, le milieu offensif de 18 ans est la principale valeur marchande du club (l’ASNL a fixé son prix à 10 millions d’euros.

Peu utilisé en première partie de saison (1 entrée en jeu comme milieu gauche lors de la 8e journée), il va s’installer dans le groupe à partir de la 28e journée, principalement au poste d’ailier gauche : 13 titularisations, 1 entrée en jeu, 3 buts et 3 passes décisives. Un bilan prometteur auquel il faut ajouter 5 matchs de Coupes. Convoité par Marseille et Monaco, entre autres, Maouassa devrait donc quitter la Lorraine rapidement. Mais d’ici-là, il disputera le Mondial U20 avec la France en Corée du Sud. Pour le Congo, ça semble compliqué d’attirer l’un des éléments les plus prometteurs de sa génération.

Plus mauvaise attaque de Ligue 1 (29 buts marqués, comme Bastia), Nancy a aussi pêché en défense. Un secteur de jeu où Tobias Badila, promis au poste de doublure de Muratori, a su tirer son épingle du jeu. Au total, il aura disputé 26 matchs de Ligue 1 (24 comme titulaire) : 19 comme latéral gauche, 6 en défense centrale. A ce poste, où il a dépanné tant bien que mal, il a d’abord été satisfaisant, avant d’être rattrapé par son inexpérience et quelques carences d’alignement, de positionnement et de relances. C’est assurément sur le flanc gauche de la défense qu’il pourra faire une bonne carrière.

Après plusieurs refus, afin d’assoir son statut en club, Badila a accepté de rejoindre les Diables rouges. Fort de sa saison presque complète, il apportera un peu de concurrence à un poste déjà bien pourvu. Reste à savoir où il évoluera l’an prochain. Mais s’il décidait de rester en Ligue 2 pour y livrer une année pleine, ça ne devrait pas trop le pénaliser en vue de la sélection.

Considéré par les observateurs avisés de Nancy comme un joueur à fort potentiel, Ryan Bidounga n’a pas encore eu l’occasion de le confirmer. Le défenseur central de 20 ans, passé pro la semaine dernière, compte une seule convocation en équipe première cette saison. Mais, lors de l’élimination du club au chardon par le CA Bastia, il n’était pas entré en jeu. Sa saison se limite donc à 20 matchs de CFA 2. La relégation de Nancy en Ligue 2 devrait lui permettre de s’inviter davantage en équipe première.

Bastia/Thievy Bifouma et Prince Oniangué

La saison de Bastia aura été un calvaire de bout en bout : niveau sportif insuffisant et lourde actualité extra-sportive. Deux Congolais y ont joué, sans se croiser. En première partie de saison, Thievy Bifouma a joué 14 matchs, pour 2 buts, avant de partir en Turquie. Sans laisser une trace indélébile au sein du club corse.

En échec à Wolverhampton, qu’il avait rallié l’été dernier, Prince Oniangué est arrivé en janvier, pour retrouver un temps de jeu supérieur (10 matchs de Championship, 2 buts). Son premier match, comme milieu offensif axial, est ponctué d’un but (le premier sur les trois qu’il a marqué sur l’Ile de Beauté).

Mais, comme à son habitude depuis plusieurs saisons, il va ensuite être balloté de poste en poste, tantôt offensif, tantôt relayeur, parfois excentré, parfois reculé pour un total de 14 matchs joués (13 comme titulaire) et 4 sur le banc. Dans un club en déconfiture, il ne goûte à la victoire qu’à deux reprises en Ligue 1 (1 seul succès sans lui) et Bastia termine lanterne rouge avec 34 petits points. Surtout, le capitaine des Diables rouges, qui est encore lié à Wolverhampton pour trois saisons, donne l’impression de ne plus avoir de poste fixe. S’il aime le rôle de box-to-box qui lui a permis de marquer 10 buts en 2013-2014, il n’est pas interdit de penser qu’un poste plus reculé (en défense centrale ?) lui conviendrait davantage. Mais la décision lui appartient…

 

Camille Delourme

 

 

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