BILAN DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA EN 2015 : LIGUE 1 FRANCE

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Après un marathon de 38 matchs, et quelques rencontres de Coupes (de France et de la Ligue), la saison de Ligue 1 s’est achevée le 23 mai. Tour d’horizon des prestations des Diables rouges et Congolais de la diaspora.

Prince Oniangué (Stade de Reims)

Très attendus après leur excellente saison 2013-2014 (Reims se classe 11e avec 10 buts en 35 matchs pour le milieu de terrain congolais), Reims et Prince Oniangué vont vivre une saison pénible. Englué dans le bas du classement tout au long de l’exercice, ils ne se sauvent qu’à la 36e journée.

À titre personnel, Oniangué a subi le départ de Krychowiak, son binôme idéal en 2013-2014. Que ce soit avec Devaux ou Bourillon, l’ancien Rennais a mis du temps à trouver le bon positionnement et a parfois semblé trop attirer par le but adverse alors que son entraineur le bridait. Il finira par trouver l’équilibre et s’affirme comme une pièce maîtresse de son équipe. Et, comme en sélection, Oniangué a été intronisé capitaine par Olivier Guégan, nommé entraîneur après l’éviction de Vasseur, le 7 avril.

Ladislas Douniama (En Avant Guingamp)

Une saison galère pour Kirikou, l’ancien chouchou du public du Roudourou. Remplaçant de luxe, la saison dernière (1 but et 2 passes décisives en 16 matchs), Douniama n’a joué que 9 matchs cette saison en Ligue 1 (1 but). Il a certes découvert la Ligue Europa (19 minutes face à la Fiorentina), mais ses relations avec son coach, Jocelyn Gourvennec n’ont cessé de se détériorer. En fin de contrat, l’attaquant de 29 ans devra donc trouver un nouveau challenge. Rapidement, car malgré ses 5 buts en 5 matchs avec la réserve, Douniama a perdu sa place en sélection.

Kévin Koubemba (Lille)

Saison en dents de scie pour l’ancien Amiénois. Arrivé sur la pointe des pieds en réserve lilloise, avec un contrat amateur, le grand attaquant (1,92m) cartonne avec 7 buts en 3 matchs, ce qui lui permet d’être sélectionné par Claude Le Roy pour la double confrontation face à l’Afrique du Sud. Il rentrera d’ailleurs en fin de match face aux Bafana, à Pointe-Noire. Alors que la dynamique positive semble lancée, Koubemba est expulsé le 8 novembre pour un échange de coups lors du derby entre les réserves de Lille et Lens. Et il écope de six matchs de suspension : privé de match jusqu’en janvier, il n’est pas retenu pour la CAN. Un coup dur.

Mais pendant que ses camarades brillent en Guinée équatoriale, le natif de Coulommiers s’invite en équipe première de Lille : remplaçant le 10 janvier, il entre le 17 face à Lorient. Puis fête sa première titularisation, la semaine suivante, face à Monaco. Impliqué dans le jeu lors de ses 8 apparitions (5 comme titulaire, 3 entrées), il pêche dans le dernier geste. Et finit par perdre sa place. D’abord en tribunes, il repart pour aider la réserve à se maintenir. En vain, car il récolte un nouveau carton rouge, le 11 mai. Le point final d’une saison très contrastée. Sous contrat jusqu’en juin 2017, il aura toutefois une carte à jouer avec les départs de plusieurs attaquants (Origi départ acquis, Roux, Diaby, Mendes départs possibles) et l’arrivée d’Hervé Renard sur le banc, réputé pour travailler avec les jeunes.

Brice Samba junior (Olympique de Marseille)

Il faudra probablement attendre la reprise du championnat 2015-2016 pour savoir si la saison de Brice Samba junior a été bonne ou mauvaise : si Steve Mandanda quitte Marseille et que le natif de Linzolo est intronisé numéro 1, on pourra dire qu’il a fait le bon choix. Si Mandanda reste ou que l’OM compense son départ par un gardien chevronné, le bilan sera catastrophique. Car, en apparence, l’ancien Havrais a perdu beaucoup en refusant la sélection congolaise. Il aurait pu cumuler du temps de jeu, disputer des matchs de haut niveau et disputer une CAN.

Au lieu de cela, il est resté à l’OM où il n’a disputé que deux rencontres en équipe première : un 16e de finale de Coupe de la Ligue perdu à Rennes et un 32e de finale perdu face aux amateurs de Grenoble. Un match cruel pour le gardien de 21 ans, auteur de deux parades spectaculaires, mais impliqué sur le second but isérois et impuissant lors de la séance de tirs au but. Pendant ce temps-là, Mafoumbi s’apprêtait à briller sur les terrains de la CAN…Les quatre matchs disputés avec la réserve (4 succès, 2 buts encaissés) par Samba ne suffisent pas à effacer un sentiment de gâchis…

Jules Iloki (FC Nantes)

À 23 ans, Jules Iloki vivait une saison charnière. De retour de prêt à Luçon (1 but en 11 matchs de National), le droitier de 23 ans s’entraîne régulièrement avec les pros mais joue avec la réserve. Ses prestations (8 buts en 26 matchs) lui offre une place sur le banc de l’équipe première à 8 reprises. Mais le milieu excentré ne va entrer qu’à deux reprises (contre Évian et Lyon pour un total de 26 minutes de jeu), auxquelles ils faut ajouter une titularisation en Coupe de France et 19 minutes en Coupe de la Ligue. En fin de contrat, il n’a donc pas réussi à faire son trou au sein de la pire attaque de Ligue 1 (29 buts marqués).

Dylan Bahamboula (AS Monaco)

International des moins de 20 ans français, Dylan Bahamboula est un cadre de l’équipe réserve de Monaco (22 matchs, 6 buts), mais est resté dans l’anti-chambre de l’équipe première : 5 apparitions sur le banc en Ligue 1, 3 en Coupe de la Ligue et 7 minutes en Coupe de France. À 20 ans, son talent est évident. Reste à définir sa stratégie de carrière : sous contrat jusqu’en juin 2017, n’aurait-il pas intérêt à être prêté l’an prochain pour franchir un palier ?

Karl Madianga (AS Saint-Étienne)

À 20 ans, l’ancien Manceau n’a pas joué en équipe première, malgré huit apparitions sur le banc durant l’hiver (six en Ligue 1, 2 en Coupe de France). Le milieu de terrain défensif n’a guère eu davantage de réussite en équipe réserve avec 2 cartons rouges en 9 matchs et une saison sanctionnée d’une relégation en CFA 2.

Christopher Maboulou (SC Bastia)

Débutée sur les chapeaux de roue avec un doublé (et une passe décisive) face à l’OM en match d’ouverture de la saison, puis une réalisation face à Monaco (11e journée), la saison de l’ancien Castelroussin a ensuite ressemblé à une descente aux enfers.

Inconstant, le milieu de terrain offensif perd du crédit et enchaîne les blessures. Approché par Claude Le Roy durant les éliminatoires de la CAN 2015, il tergiverse et manque le coche lors du stage de préparation au Sénégal : lassé par les atermoiements du joueur (son agent évoque alors un passeport périmé pour justifier son retard), Claude Le Roy le raye de sa liste. Le début de la fin pour le natif de Montfermeil, qui ne sera titulaire qu’à deux reprises (et quatre entrées en jeu) par la suite. Après ses dix buts en Ligue 2 en 2013-2014, sa première saison en Ligue 1 n’est pas satisfaisante : 20 matchs, 3 buts et 1 passe décisive, 3 apparitions en Coupes et 2 buts en 2 matchs de CFA 2. S’il reste à Bastia l’an prochain, il n’aura pas de mal à faire mieux.

Giannelli Imbula (Olympique de Marseille)

International Espoirs français né en Belgique d’un père originaire des deux Congo et d’une mère RD-Congolaise, Giannelli Imbula peut, à l’heure actuelle, jouer en sélection A des quatre pays, même si la France tient la corde. En club, le meilleur joueur de Ligue 2 en 2012-2103 n’a pas vécu une saison de tout repos : 37 matchs, 2 buts et 3 passes décisives. Un bilan comptable correct, mais en deçà de son potentiel. Avec une ombre au tableau : un comportement parfois décrié (écarté en équipe de France Espoirs, l’affaire de son débarquement d’un avion pour non respect des consignes de sécurité et une saute d’humeur remarquée lors de son remplacement face à Monaco). Souhaitons-lui un autre destin que celui de Yann M’Vila, autre prodige franco-congolais miné par les affaires extra-sportives.

 

 

Camille Delourme

 

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